viande rouge et santé : ce qu'il faut retenir

La consommation de viande est en perpétuelle évolution ; on en mangerait 3 fois plus que nos grands-parents. En plus des problèmes de qualité d’élevage et de pollution, la surconsommation de viande peut être aussi un problème pour la santé.

Dans la revue médicale The Lancet Oncology, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a annoncé le classement de la consommation de viande rouge comme « probablement cancérogène pour l’homme » (Groupe 2A). Celle des produits carnés transformés a été classée comme « cancérogène pour l’homme » (Groupe 1). Les cancers du côlon sont essentiellement concernés par la consommation carnassière, faisant en France près de 15 000.00 décès par an. C’est bien moindre que les cancers liés à la consommation de tabac (73 000 décès/an).

Les conditions d’élevage de masse en sont surement à l’origine. Ils font appel à l’utilisation d’antibiotiques et d’hormones de croissance, avec parfois la consommation par les bêtes d’alimentation OGM (Organisme Génétiquement Modifié). L’augmentation de l’élevage entraîne l’augmentation des cultures, la déforestation et celle de l’utilisation de pesticides. En clair, et rien n’est prouvé, mais les l’industrialisation de la viande dégraderait sa qualité et donc impacterait la santé des grands consommateurs.

A l’inverse, il est important de rappeler qu’une alimentation est idéale lorsqu’elle est variée : protéines (végétales et animales), lipides, glucides. Il est nécessaire de manger de la viande, mais il faut en manger peu, 2 à 3 fois par semaine, en privilégiant la viande de qualité (condition d’élevage, traitement). De même, il vaut mieux privilégier la viande rouge que celle préparée (charcuterie, jambon).

Quatre jours après la parution de l’étude remettant en cause la viande, l’OMS rassure sur la consommation et informe que des experts doivent encore déterminer à partir de quelle quanti té cette consommation devient dangereuse pour la santé. Par exemple, on sait que la consommation de 50g de viande par jour augmente de 18% le risque de cancer colorectal. De même on sait que la charcuterie ayant été modifiée par ajout de nitrite, sel ou colorant provoquerait plus de lésions dans le tube digestif. La cuisson pourrait aussi avoir un impact !

Sachant cela, nous recommandons de ne pas arrêter votre consommation de viande, mais de la diminuer au profit de la qualité.

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS