Des avancées sur la mort subite du nourrisson

Voilà un sujet bien difficile à traiter, la mort subite de nos nouveau-nés est comme une épée de Damoclès au-dessus du berceau mais on souhaite ne pas trop y penser. Les équipes médicales encadrant la naissance de nos bout-de-choux appuient en éduquant ou rappelant l’essentiel des gestes limitant l’impensable. Mais, en France, ce sont quand même entre 400 et 500 décès chaque année qui poussent les chercheurs à se surpasser pour comprendre les causes et trouver des solutions afin d’y remédier.  

La mort subite du nourrisson ou mort subite inexpliquée du nourrisson (MSIN) est la mort soudaine d’un enfant en bonne santé jusqu’à l’âge de 2 ans lors de son sommeil. Angoissant les parents, les règles limitant ce risque sont omniprésentes : couchage sur le dos, dans une pièce non surchauffée, seul dans un lit (ou similaire), sans oreiller, couette ou peluches ; ne pas le secouer, le garder en position verticale pendant 15 minutes après le biberon, apprendre à le faire jouer sur le ventre pour la musculature du cou… Mais il n’y a pas que des causes externes à cette tragédie. Les garçons sont 2 fois moins privilégiés, certains milieux sociaux également ; la génétique aurait aussi une incidence, l’âge avec 90% des accidents survenant entre 2 et 6 mois et le tabagisme actif ou passif de la mère durant sa grossesse augmenterait les statistiques.

Mais les mécanismes de ce phénomène restent mal connus. Les chercheurs s’accordaient depuis quelques années sur la responsabilité d’un neurotransmetteur (substance transmettant l’influx nerveux entre les neurones et entre un neurone et un muscle), la sérotonine. Un facteur génétique entrainant une diminution de la dégradation des lipides ou des hypothèses infectieuses étaient aussi retenues. Dernièrement, une équipe canadienne, menée par le Pr James Leiter de l’école de médecine Geisel de Dartmouth (New Hampshire), a montré comment la sérotonine influait sur la mort du nourrisson. En effet, elle est très largement impliquée dans le réflexe de la respiration entrainant, chez un enfant normal des apnées du sommeil de l’ordre de 2 à 10 secondes. Une dégradation de ces récepteurs pourrait être responsable de l’arrêt de la respiration du bébé…

 Sa découverte est une belle avancée dans la compréhension de cette maladie mais beaucoup de question restent en suspens et notamment les applications permettant aux parents de dormir sur leurs 2 oreilles !

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS