De l'utilisation des données de santé...aux médecins robots

Le Big Data… l’eldorado de nombreuses sociétés qui utilisent ces données dans le but d’en tirer le meilleur. Et notamment celui de Google par le biais de sa filiale DeepMind, qui s’attaque désormais à la santé en signant un partenariat avec le Royal Free NHS Trust, société gérant 3 hôpitaux à Londres. Ce sont les 1.6 million de personnes qui ont fréquenté ces établissements au cours des 5 dernières années qui vont être analysés. Enfin, plutôt leurs parcours et les processus de soins. Le but est de travailler ces données par un programme d’intelligence artificielle afin d’aider le personnel médical dans ses décisions et diagnostics ainsi que de prévenir les risques de maladie. Un vaste programme.

Mais l’intelligence artificielle (IA) n’est pas une nouveauté en médecine. Watson, un programme de ce genre créé par IBM, est capable de donner un diagnostic souvent plus précis et plus rapide qu’un médecin ! Une entreprise américaine a également développé une IA capable de lire un cliché de radiologie avec un niveau de précision surprenant, parfois supérieur aux radiologues ! D’autres travaillent sur des IA permettant l’analyse et l’apprentissage des données passées, ainsi que celle de la littérature scientifique pour ne rien manquer de l’avancée des recherches médicales…

Une nouvelle médecine est en marche. Le développement de la télémédecine, celle de la récolte des données et celui de leur analyse permet d’imaginer un futur tout différent de ce qui est aujourd’hui. Mais n’imaginez pas encore un rendez-vous sans médecin. C’est la complémentarité de la compétence du médecin et de celle de l’informatique qui amènera les meilleurs résultats.

En France, le ministère de la santé a - jusque-là - protégé ces données, mais il lance une grande enquête publique sur leur ouverture et leur exploitation. Cette consultation en ligne intervient alors que la Sécurité Sociale se fait recadrer par la cour des comptes car elle n’exploitait pas ces informations…

En pratique et au quotidien, chacun soit s’assurer que les données de santé qui le concernent soient protégées notamment grâce à l’hébergement de celle-ci sur des serveurs spécifiques, dit « agréé données de santé à caractère personnelle ». C’est l’assurance de ne pas se voir démarcher pour la vente de produits mais celle d’améliorer votre santé et celle des autres. Laissez-vous guider par votre médecin ou votre pharmacien et notamment sur les objets connectés car leur valeur ajoutée est indéniable. N’hésitez pas à leur faire confiance et partagez !

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS