Le premier médicament connecté est autorisé

Notre monde change et devient de plus en plus connecté. Téléphone, voiture, montre, électroménager, Hi-fi, appareils de mesure de santé et piluliers … tout se connecte. Et pourquoi pas les médicaments. Le premier vient d’être autorisé aux Etats-Unis par la FDA, agence responsable des médicaments. Mais qu’est-ce donc un médicament connecté ?

Premier médicament connecté

L’aripiprazole est un médicament contre la schizophrénie et les troubles bipolaires. Il peut soigner jusqu’à 600 000 personne en France. Le laboratoire japonais OTSUKO vient d’y implanter un capteur, fabriqué par l'entreprise californienne Proteus Digital Health, permettant de renseigner différents éléments comme l’heure de la prise et les rythmes de vie. Le signal émit est recueilli par un patch collé sur le thorax du malade pour être transmis jusqu’à 5 personnes différentes.

Observance amélioré avec un médicament connecté

L’intérêt de l’association à cette technologie réside dans la connaissance de la prise réelle de médicaments. En effet, l’observance en France est très perfectible : les français ne prennent pas leur traitement correctement. Oubli, heure décalée, mauvais moment, associé à d’autres actions, … Le manque d’observance serait responsable d’environ 1 000 000 de journées d’hospitalisation, 9 Milliards d’Euros et de 8000 morts chaque année. Prendre un médicament comme indiqué est primordial pour la réussite de son traitement et éviter les risques de rechutes. Ne pas le prendre entraîne de nombreuses conséquences comme des symptômes supplémentaires, des examens en plus souvent inutiles, des prescriptions et des visites médicales complémentaires, des surconsommations de médicaments, des hospitalisations évitables et peut dans certain cas engendrer la mort.

Ethique des médicaments connectés

Par ce système le patient peut se rendre compte de l’importance de ces oublis ou de l’irrespect des règles de prises. Le médecin et l’équipe soignante peuvent intervenir sur les facteurs qui amènent à ces irrégularités : c’est l’éducation thérapeutique.

Mais le revers de la médaille serait à mon sens de laisser les assureurs (y compris l’assurance maladie) s’immiscer dans ces chiffres. Imaginer que le tarif de votre complémentaire santé et que les remboursements des médicaments ou des actes médicaux soient calculés sur la prise effective de vos traitements prescrits ? L’éthique a un beau sujet à travailler. Déjà, le laboratoire s’entoure d’experts sur ce sujet pour faire avancer la santé sans pour autant ôter les droits aux patients.

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS