Papillomavirus : la vaccination pour les garçons aussi

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande d’élargir la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), à compter de cet été, à tous les adolescents de 11 à 14 ans révolus avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans pour éviter certains cancers. La faible couverture vaccinale des filles reste aussi une priorité.

Les papillomavirus humains (HPV) sont des virus sexuellement transmissibles très fréquents, contractés généralement au début de la vie sexuelle. Alors que la recommandation de la vaccination HPV des jeunes filles a plus d’une dizaine d’années maintenant dans notre pays, le taux de vaccination reste insuffisant, inférieur à 30 %. Pourtant, le HPV, qui est la cause de 100 % des cancers du col de l’utérus, tue en France plus de 1 000 femmes chaque année. Dans les pays ayant introduit la vaccination avec des taux de couverture élevés, une réduction importante des infections génitales, des verrues génitales et des lésions précancéreuses dues aux HPV est constatée.

Les hommes aussi

Le HPV, outre les cancers du col de l’utérus, est à l’origine de nombreux cancers de l’amygdale, de la langue et de l’anus… Si le dépistage du col de l’utérus réalisé grâce à un frottis (à réaliser dès l’âge de 25 ans, même après la vaccination) permet de détecter tôt les lésions et d’améliorer le pronostic de la maladie, il n’existe pas de dépistage pour les cancers oropharyngés et anaux. Les jeunes garçons et les jeunes hommes transmettent ces virus et peuvent aussi développer des cancers dus aux HPV. Près de 25 % des cancers provoqués par les HPV surviennent chez les hommes. Si les trois quarts de ces cancers concernent les femmes (col de l’utérus, vulve, vagin, anus et sphère ORL), un quart d’entre eux surviennent chez l’homme : cancers oropharyngés principalement, mais aussi cancers de l’anus et du pénis. Jusqu’alors, la vaccination était recommandée pour les jeunes filles, les immunodéprimés des deux sexes, également pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu’à 26 ans, un sujet délicat à aborder pour les professionnels de santé. L’absence de distinction selon le sexe et l’orientation sexuelle est également un moyen de simplifier la proposition vaccinale. En ciblant tous les hommes quelle que soit leur orientation sexuelle, cette stratégie évite la stigmatisation des adolescents ou des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Freiner la transmission

La vaccination est le meilleur moyen de lutter contre ces virus. La HAS considère que l’élargissement de la vaccination anti-HPV aux garçons permettrait, sous réserve d’une couverture vaccinale suffisante, de freiner la transmission au sein de la population générale. En effet, au-delà de la protection conférée aux garçons vaccinés, l’élargissement de la vaccination à tous les garçons permettra de mieux protéger les filles et femmes non vaccinées. Parmi les 150 HPV existants, une quinzaine sont cancérigènes. Le vaccin Gardasil 9 (9HPV) confère une protection contre 90 % des cancers du col de l’utérus, et notamment une protection contre l’HPV 16, principal responsable chez l’homme des lésions précancéreuses, et contre les génotypes 6 et 11, responsables des condylomes génitaux.

Soutenir une politique vaccinale engagée

La HAS estime toutefois que le seul élargissement de la vaccination à tous les adolescents ne permettra pas d’atteindre l’objectif de protection de la population. Ses bénéfices seront limités sans une politique vaccinale plus engagée au niveau national et une proposition vaccinale plus systématique de la part des professionnels de santé, que ce soit dans le cadre de programmes de vaccination ou d’une consultation de santé sexuelle pour chaque adolescent. Elle recommande de faciliter l’accès à la vaccination en permettant une prise en charge intégrale du vaccin par l’Assurance maladie.
 

Pour plus d’information sur les HPV, consulter le site toutsavoir-HPV.org